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Un témoignage sur la FIV dans l’interview d’une maman

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Aujourd’hui, dans ma rubrique « l’interview d’un maman », on parle FIV avec le témoignage de la blogueuse Yeude (que vous pouvez suivre sur son blog ici :-))

Un sujet que je trouve très intéressant et un peu taboo. Les gens n’osent pas trop en parler alors que ça pourrait rassurer beaucoup de couples devant passer par là… (Un petit clin d’œil à une amie qui se reconnaitra si elle lit mon article et l’interview de Yeude). Mais c’est aussi compréhensif car personnel!
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Commençons l’interview 🙂
Bonjour Yeude, peux-tu te présenter 🙂

Bonjour j’ai 31 ans, j’habite dans l’agglomération grenobloise et je suis la maman au foyer de Lily J, 2 ans et demi ! J’aime le photo, le crochet, bloguer et voyager. J’adore l’Asie du sud-est, je rêve d’y passer quelques mois en famille.

Je sais donc que tu as eu ta fille par FIV. Peux-tu nous expliquer un peu les étapes par lesquelles tu es passée avant d’en venir à la FIV?

Un an et demi après avoir arrêté de prendre des contraceptifs, j’ai consulté mon médecin car je perdais beaucoup de sang alors que j’avais eu mes règles deux semaines plus tôt. C’était la deuxième fois que cela m’arrivait. Mais, ayant eu de grosses douleurs lors de l’examen gynéco du côté droit on m’a prescrit une écho en urgence pour s’assurer qu’il ne s’agisse pas du grossesse extra utérine. Pas de grossesse extra-utérine, ni même de fausse couche, l’échographe n’a rien trouvé pouvant expliquer la cause de l’hémorragie. En revanche, mes douleurs étaient dues à mes intestins toujours enflammés à cause d’une tourista bactériologique attrapée au Maroc deux semaines plus tôt et il a aussi découvert une petite anomalie sur mes ovaires.

Comme cela faisait un an et demi que je ne prenais plus de contraceptifs, ma docteur m’a conseillé de prendre rdv avec le centre de PMA de ma ville. Au vu de mes examens, la gynéco du centre de PMA m’annonce que oui mes ovaires ont un petit soucis, mais qu’un an et demi, même avec ce souci, c’est beaucoup. Elle nous a donc prescrit des examens à tous les deux. Ceux de mon mari étaient catastrophiques, seul le tout dernier examen nous a permit d’écarter la piste de la stérilité (azoospermie). Mon mari souffre de cryptozoospermie sévère, une forme d’infertilité très lourde, il y a une quinzaine d’année, les hommes atteints de cryptozoospermie étaient considérés comme stériles. Mais les quelques spermatozoïdes que mon mari produit semblent de bonne qualité, après la réunion d’une commission, on nous propose de faire une FIV ICSI après avoir fait des autoconservation, car les médecins ignorent si le problème de mon mari est stationnaire ou s’il évolue.

10 mois après avoir eu le diagnostique et la proposition de traitement (le temps de faire les autoconservations et tous les examens nécessaires), j’ai commencé ma stimulation ovarienne, en protocole long (à cause de mon petit souci), pour faire notre première FIV ICSI.

Comment s’est déroulé ta première FIV? Comment ça se passe?

J’étais en protocole long, après un test de grossesse (ça fait pas rire, mais c’est la procédure !) on a d’abord mis mes ovaires au repos pendant quinze jours (1 piqûre tous les jours à heure fixe), puis tout en continuant la mise au repos pour que je n’ovule pas, j’ai commencé la stimulation ovarienne afin de produire plusieurs follicules (1 piqûre tous les jours à heure fixe). On contrôlait l’évolution de mes follicules tous les 2 jours environ par échographie vaginale et par prise de sang pour mesures les taux d’hormones. Les follicules sont arrivés à maturité (20mm) environ 10 jours plus tard, on a alors cessé la mise au repos et déclenché l’ovulation par piqûre. 36 heures plus tard, je suis passée au bloc pendant 45 min (ce qui est long pour cette opération) sous anesthésie générale pour que l’on fasse ma ponction ovarienne. Pendant ce temps, mon homme a procédé au recueil. Il est ensuite allé récupérer mes follicules à la sortie du bloc pour les confier au laboratoire. Le technicien a alors sélectionné les meilleurs potentiels pour les implantés dans les 6 ovocytes récoltés. 48 heures plus tard, je revenais pour effectuer un transfert d’embryon.

Comment ton corps y réagit? Et comment tu te sentais?

Pas très bien. Le Decapeptyl (le produit qui met les ovaires au repos), m’a donné tout de suite des bouffées de chaleur, j’avais le ventre enflé, j’étais maussade, et surtout très soupe au lait. Quand on a ajouté le Puregon (celui qui stimule) cela a un peu atténué les effets secondaires. Par contre, mon corps ne supportait plus d’être piqué, à la fin du traitement, je retirais mes bras pendant les prises de sang, rentrais le ventre pour ne plus avoir d’injection, c’était plus fort que moi, j’en pouvais plus (je suis phobique des aiguilles). La ponction ovarienne a été plus douloureuse que ce que je ne le pensais, j’ai mis quelques jours à ne plus boiter en marchant, mais le médecin m’a dit que je n’étais absolument représentative des autres femmes, d’habitude cela se passe mieux.
Comment tu gérais cela avec le travail?
J’allais faire mes échos et prises de sang le matin à 7h30, j’étais ainsi à l’heure au travail à 9heures. Le soir, il fallait que je sois chez moi à 19 heures pour recevoir l’infirmière, je finissais à 17h30 donc ça allait (même si je faisais pas mal d’heures sup à l’époque). J’étais hotlineur, autant dire que mes sautes d’humeurs ne sont pas passées inaperçues ! Mais mon chef était au courant, pendant les examens, il avait remarqué que je faisais beaucoup d’aller/retour à l’hôpital (à cause des demi-journées de congés posées au derniers moment), j’avais une gastrite à l’époque, il a cru que les choses empiraient et s’inquiétait pour ma santé, alors je lui ai dit et il a été très compréhensif.
Au bout de combien de temps es-tu tombé enceinte? 
3 ans après l’arrêt de mon contraceptifs, après ma première FIV ICSI.

Durant ta grossesse tout s’est bien passé? Tu as du prendre soin de ce petit être non?

Ma grossesse s’est très bien passée, les premières semaines nous étions un peu tendus, et puis au fil des mois on se détend ! J’ai eu un petit accrochage en voiture à 4 mois et demi de grossesse, l’ambulancier qui m’a refusé la priorité et m’est rentré dedans a pris la chasse de sa vie, même moi je ne me connaissais pas aussi mauvaise, mon mari lui a expliqué notre histoire quand ils se sont rencontrés un peu plus tard pour le constat, j’avais clairement dépassé les bornes à cause de mon anxiété. Après, je ne pense pas que j’ai plus pris soin de ma fille qu’une autre mère, peu importe le temps qu’on ait attendu son enfant, quand on l’aime, on déplacerait des montagnes pour lui. On est des futures mamans comme les autres, plus informées des risques peut-être.

Et maintenant es-tu maman poule?

Non pas spécialement, tout du moins je ne pense que l’aurais moins été encore si nous n’étions pas passés par tout ça ! J’ai allaité ma fille 15 mois, du coup nous n’avons pas pris l’habitude de la faire garder, elle a dormi 3 fois chez de la famille depuis, c’est peu, mais notre famille ne vit pas à côté. J’aime ma fille plus que tout sur cette terre, mais comme toutes les mères parfois elle me casse les pieds, me fatigue et m’use !
Un petit deuxième de prévu? 
Actuellement non. Peut-être plus tard, on verra.
merci
Merci beaucoup à toi Yeude pour ce touchant témoignage très personnel mais qui pourra donner de l’espoir aux mamans et papas tentant aussi des FIV et qui s’interrogent sur beaucoup de points.
N’hésitez pas à visiter le chouette blog de Yeude, il parle aussi maternité, DIY et fait voyager 🙂
Mots d’maman
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3 Comments

  • Reply Mamounette & P'tit Marmaille 24 juillet 2015 at 14 h 00 min

    Bravo Yeude pour ce beau témoignage !! 🙂

  • Reply Sophie Bosch 9 septembre 2015 at 16 h 55 min

    Çà me remémore des souvenirs.. Les piqures, je les faisais seule par contre (pas d’infirmière) : l’équipe d’une pharmacie a attendu que les gens soient partis pour m’expliquer le pas à pas des injections avec les stylos de gonalF, puis je me suis débrouillée pour les autres injections sans stylo… une époque rude, que je ne souhaite à personne, sauf à ceux qui doivent passer par là : c’est dur mais la récompense est au bout du chemin !!! Alors serrez les dents, votre bonheur est juste là !!!

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